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Réduire le temps d’attente aux toilettes

Réduire le temps d’attente aux toilettes

Attendre son tour aux toilettes

Lorsque l’envie d’aller aux toilettes nous envahit, il est déjà trop tard, surtout pour uriner. Le corps doit alors aller se soulager dans les minutes qui suivent sous peine de subir les douleurs d’efforts à se retenir devant une porte close. L’attente d’un wc libre est une épreuve qu’il faut pouvoir supporter. Mais pourquoi des délais aussi longs ? Existe t il des sanitaires plus adaptés que d’autres afin de réduire le temps d’attente pour accéder à une cuvette de wc ?

La formation d’un bouchon aux toilettes

Les toilettes sont censées pouvoir répondre à un flux précis, voir absorber une demande ponctuelle plus importante. Mais lorsque que celle-ci dépasse la norme, ou qu’un incident ralenti ou interdit l’usage d’un wc, alors se crée un bouchon comme sur une autoroute. Les voitures vont devoir rouler très lentement au pas alors que les motos vont continuer à rouler en se faufilant dans la circulation stoppée. Cette métaphore permet de visualiser l’incroyable différence entre un homme et une femme devant l’attente aux toilettes, avec une petite queue pour l’un et une grande queue pour l’autre.

L’inégalité homme/femme pour un wc

Suivant le sexe, l’envie d’uriner permettra d’ouvrir la porte d’un cabinet de toilette après un délai d’attente différent pour accéder au wc si convoité. Tout le monde peut constater que dans des atmosphères très denses en population, lors d’un concert ou d’une compétition sportive, les files d’attentes sont beaucoup plus longues devant les sanitaires féminins que devant ceux dédiés aux hommes.

En général, dans les queues de toilettes séparées, à égalité de surface sanitaire pour chaque sexe, les femmes doivent attendre une éternité, tandis que les hommes ne patienteront que quelques secondes pour se soulager. Mais pourquoi une telle différence suivant le sexe du pisseur pressé ?

L’attente aux toilettes est une habitude féminine

Pour des raisons à la fois physiologiques et culturelles, une femme passe beaucoup plus de temps dans un sanitaire qu’un homme. C’est d’abord dans l’inégalité urinoir/cabine individuelle que se joue la bataille du temps. Ainsi, un homme a la vessie facile ayant juste à se présenter devant son urinoir pour ouvrir sa braguette et se soulager, alors que l’urinoir féminin collectif aux yeux de tous n’est pas vraiment répandu, les femmes n’étant pas forcément d’accord pour pisser en groupe les fesses exposées.

Une femme a donc besoin d’une cabine individuelle pour se dévêtir le bas du corps, nettoyer au préalable la cuvette si elle a besoin de s’assoir ou bien prendre une position adéquate au dessus de celle-ci, cette fameuse position de la skieuse. Aussi, les femmes font plus de visites aux toilettes et pas uniquement dans le but d’une miction. Grossesse, menstruation, incontinence, allaitement, etc… augmentent la fréquence de passage et le temps d’utilisation. De plus, étant donné que les femmes vivent plus longtemps que les hommes, le nombre de femmes âgées avec des visites plus longues est d’autant plus invalidant dans cette course au temps. Enfin, l’intimité d’un cabinet de toilette, permet à la gente féminine d’éventuellement se remaquiller, etc…

Des toilettes mixtes pour égaliser le temps d’attente ?

Les toilettes publiques unisexes peuvent diminuer le délai d’attente des femmes en offrant un espace sanitaire commun aux deux sexes. En effet, ce modele de sanitaire permet d’éliminer la perspective de cabines inutilisées dans les toilettes des hommes, alors que celles-ci seraient uniquement à leur disposition. Les femmes peuvent donc les utiliser à leurs profits. Si un homme met moins de temps qu’une femme à uriner, alors en théorie, la fréquentation de cet espace unisexe doit permettre de partager les délais. Les toilettes mixtes permettent ainsi, en rallongeant légèrement la queue des hommes, de faire plaisir aux femmes en diminuant sensiblement leur délai d’accès à la jouissance d’un wc.

La mixité dans les toilettes

Les toilettes mixtes ne sont pas une nouveauté. Il suffit de prendre l’avion ou le train pour faire la queue en compagnie d’hommes ou de femmes devant la porte d’une seule cabine. En pleine rue, les sanisettes usent du même principe. La chose est différente s’il s’agit de sanitaires collectifs mixtes offrant plusieurs cabines pour une plus grande efficacité. Ainsi, la sexualisation d’un espace s’efface au profit d’une mixité offrant une meilleure optimisation du temps d’occupation dans et devant chaque cabine.

La problématique de l’urinoir masculin

Si la mixité aux toilettes devient une norme, alors elle impose la disparition de l’urinoir masculin. Celui-ci prenant une place que les femmes ne peuvent utiliser tandis que les hommes ne peuvent uriner décemment en présence de leurs consoeurs pour des raisons contraires à la morale des utilisateurs des deux sexes. La question des urinoirs est en conséquence un casse tête pour tous les concepteurs de toilettes unisexes publiques.

Ainsi, en supprimant les urinoirs (qui prennent peu de places) au profits de cabines individuelles, on diminue le nombre de cuvettes disponibles pour augmenter le délai d’attente des hommes, lesquels sont les perdants de la mixité. Avec ce concept de cabines uniques, les femmes gagnent en nombre de cuvettes utilisables avec portes fermant à clés. Ce sont les gagnantes de la mixité.

La complexité du style de toilettes

Pour anticiper le délai d’attente devant une porte de toilette, il faut d’abord se poser les bonnes questions. Quelle surface et combien de cuvettes wc prévoir dans une construction pour les sanitaires ? Tout dépend de nombreux facteurs allant des pics de visites, au genre et à l’âge des utilisateurs. En urinant dans une toilette publique, on n’imagine jamais la complexité de l’étude ayant mené à la conception de celle-ci.

  • Combien de personnes vont elles venir les visiter chaque jour ou chaque heure ? Les sanitaires d’une aire de service sur autoroute doivent pouvoir encaisser le flux d’une heure de pointe comme l’arrivée d’un bus.
  • Pour y faire quoi ? En fonction du sexe et de l’âge, les utilisateurs attendront surement d’une cabine de wc une utilisation autre que celle de pouvoir uriner.
  • Quel sera le sexe majoritaire ? Dans un service hospitalier, des femmes enceintes, des ambulanciers, des chauffeurs livreurs, des secrétaires médicales, auront des temps d’utilisation différents d’un espace commun
  • Quelle sera la tranche d’âge la plus représentée ? Des jeunes filles en discothèque, ce n’est pas la même chose que des grands mères dans un salon de thé, ou que la clientèle surtout masculine d’un bar PMU.

Des modèles mathématiques au secours des toilettes

Ensuite, il existe des équations permettant de déterminer des modèles de files d’attentes afin d’optimiser les délais d’attente. C’est comme ça que l’on peut calculer le nombre d’opérateurs nécessaires dans les centres d’appels afin de diminuer les délais que la clientèle doit supporter. Ainsi en 2017, des chercheurs* spécialisés dans la modélisation mathématique des files d’attentes, ont publié une étude sur l’attente aux toilettes dans différentes situations telles des toilettes genrées ou mixtes. Quelques exemples :

  1. Dans un dispositif classique de toilettes séparées, à équivalence de surface au sol, les femmes disposent de cabines fermées alors que les hommes disposent de cabines fermées et aussi d’urinoirs en ligne. Dans cette une conception courante, à égalité de surface, les hommes attendent en moyenne 11 secondes tandis que les femmes attendent en moyenne six minutes et 19 secondes pour se soulager d’une miction.
  2. Dans un dispositif discriminatoire de toilettes séparées donnant 20% de surface supplémentaire aux femmes para rapport aux hommes et donc plus de cabines, le temps d’attente des femmes chute vertigineusement à deux minutes et 18 secondes tandis que celui des hommes monte raisonnablement à 39 secondes.
  3. Dans un dispositif non genré comprenant des sanitaires collectifs homme/femme et sans présence d’urinoir masculins, donc avec uniquement des cabines individuelles communes pour les deux sexes, les chercheurs arrivent à une égalité des temps d’attentes, soit deux minutes et 10 secondes pour les hommes et pour les femmes. Les hommes perdent beaucoup de temps à attendre.

Quelle solution choisir pour le délai d’attente aux toilettes ?

Il n’existe malheureusement pas de solutions miracles pour les femmes même en cas de toilettes mixtes. Les études ci dessus démontrent quand même que l’augmentation des surfaces et donc des cabines réservées aux femmes leur permettrait de diminuer sensiblement le temps à passer devant une porte, sans nuire aux délais masculins… mais à quel cout financier pour le propriétaire de l’immeuble ? Contraintes d’espaces et d’argent contre contraintes d’attentes aux toilettes…

La solution d’éradication du temps d’attente par l’humour

La solution extrême du naturisme permet une optimisation naturelle d’un lieu d’aisance. La nudité est un état d’esprit qui permet l’acceptation du corps humain et de ses fonctions, mêmes les plus intimes et les plus ingrates. Elle efface toutes les barrières. Après tout, pourquoi se cacher de l’autre alors qu’on fait la même chose qu’elle ou lui ? Vive la mixité et la suppression des cloisons !

Sans pour autant vivre nus, les romains avaient déjà un système de toilettes collectives sans cloisons, chacun faisant ses affaires aux yeux de tous. Les deux sexes étaient toutefois séparés.

Les latrines publiques romaines

*L’étude provient de la faculté d’ingénierie et d’architecture de l’université de Gand en Belgique

Les toilettes publiques unisexes

Les toilettes publiques unisexes

Des toilettes publiques unisexes ou séparées ?

Les toilettes publiques unisexes sont des sanitaires publics qui sont neutres, c’est à dire sans séparation liée au sexe de l’utilisateur. Elles sont également appelées mixtes, inclusives, non sexistes. Hommes et femmes fréquentent et utilisent donc le même espace. Ces toilettes suscitent des débats passionnés car elles impactent le fonctionnement de la vie en société et bousculent les usages établis.

La séparation des sexes aux toilettes

Le séparatisme sexuel dans les toilettes publiques est en opposition aux toilettes unisexes. C’est une forme autorisée de ségrégation par le sexe de l’utilisateur qui organise la séparation des toilettes publiques en deux espaces, l’un à destination des hommes et l’autre à destination des femmes. Cette séparation est souvent imposée par les lois locales. Ainsi en France, le code du travail précise que « dans les établissements employant un personnel mixte, les cabinets d’aisance sont séparés pour le personnel féminin et masculin. »

Des toilettes différentes

Parce qu’hommes et femmes possèdent des inégalités, malgré le fait qu’ils se soulagent des mêmes choses, leurs lieux d’aisance sont adaptés à leurs spécificités. Ainsi, il existe deux grandes différences. Les sanitaires masculins de la plupart des pays occidentaux offrent l’utilisation d’urinoirs aux hommes et aux garçons tandis que leurs homologues féminins offrent des poubelles dédiées au recueil des protections hygiéniques des femmes et des filles. A noter que s’il est facile d’inclure des poubelles dans l’aménagement des toilettes publiques unisexes, la présence d’urinoir pose problème…

Différentes formulations de toilettes unisexes

Les toilettes publiques unisexes peuvent se présenter sous différentes formes. L’utilisateur ou l’utilisatrice peut trouver une installation à occupation individuelle à une seule pièce avec wc et lavabo privatifs ou une installation collective comprenant plusieurs cabines individuelles de wc et des lavabos dans un espace commun. Les sanisettes de rues ou les sanitaires des petits cafés ou restaurants entrent dans la première catégorie. Les grands sanitaires de types gares ou aéroports sont dans la seconde catégorie.

Remplacer ou compléter l’offre existante

Les toilettes unisexes sont utilisables par tous, quelque soit le sexe de la personne. L’offre de sanitaires unisexes peut en conséquence venir en remplacement ou en complément de toilettes non mixtes. En principe ce genre de décision se prend en fonction de l’agencement et de la surface du lieu ainsi que de l’importance de la population. Ainsi, si deux lieux d’aisance sexués ont été prévus pour une population maximale de 100 personnes et que cette population augmente pour diverses raisons à 250 personnes, le propriétaire ne pourra pas agrandir deux toilettes. Alors, il choisira surement l’option de la mixité avec une seule grande surface unisexe.

Les emplacements des toilettes unisexes

Il est fréquent de rencontrer ces toilettes dans les rues des grandes villes comme Paris. Ce sont les célèbres Sanisettes extrêmement pratiques d’utilisation par leur accès et leur intimité. Les toilettes unisexes sont également courantes, par impossibilité d’autres solutions, dans les avions et les trains.

Les petites commerçants n’ont, par défaut de surfaces suffisantes, pas le choix que d’offrir des toilettes mixtes. A l’inverse, les sites importants se trouvant dans les lieux à fortes fréquentations comme les musées peuvent offrir une multitude de services communs aux visiteurs et visiteuses dans des wc collectifs mixtes, notamment en employant un personnel permanent qui assure le ménage et la sécurité.

L’utilité de toilettes unisexes

Ces sanitaires unisexes ont le grand avantage de pouvoir profiter à un très large spectre de personnes avec ou sans spécificités particulières. Ainsi, les personnes âgées ou handicapées, celles ayant besoin d’avoir recours à un aidant d’un autre sexe, les parents accompagnant leur enfant ou devant changer un nourrisson trouveront des réponses aisées à leurs besoins. Ces toilettes unisexes sont aussi surtout désirées et demandées par les personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’identité sexuelle de leur naissance.

L’obstacle de la pudeur

Nous faisons tous la même chose aux toilettes. Hommes et femmes, jeunes ou vieux, cadres ou ouvriers, etc… ouvrent la porte d’un wc pour aller uriner ou déféquer. Cependant, il est d’usage, peut être par une moralité installée, que les deux sexes puissent se soulager dans des lieux d’aisance dédiés. En effet, une séparation semble nécessaire pour préserver une naturelle intimité entre les sexes. Ce séparatisme est surtout à destination des femmes qui ont besoin d’une certaine confidentialité pour leurs affaires privées. Elles apprécient l’absence de l’autre sexe par soucis de pudeur, du respect de l’image féminine et d’une compréhensible sécurité sexuelle (harcèlement, voyeurisme).

Repenser les toilettes

Les toilettes unisexes ne peuvent se présenter sous la même forme que les toilettes masculines ou féminines. Si la cuvette du wc reste la même, fusionner 2 types d’espaces sanitaires différents est relativement complexe. En effet, la mixité impose de supprimer des particularités et génère en conséquence des contraintes pour le sexe opposé. On peut déjà citer quelques situations concrètes :

  • la suppression des urinoirs masculins : il est compliqué de concevoir des toilettes unisexes laissant les hommes uriner le pénis à la main juste à coté de femmes qui attendent qu’un wc se libère. En raison des conventions socioculturelles, cela semblerait étrange et contraire à la morale commune pour de nombreux utilisateurs.
  • des délais d’attentes allongés pour les hommes : les femmes mettent plus de temps que les hommes et sont déjà habituées à faire la queue. Avec la suppression des urinoirs, les hommes vont aussi devoir attendre qu’un cabinet se libère.
  • la fin de la socialisation : les lieux d’aisance sont souvent des opportunités pour les femmes d’échanger sur des sujets féminins. Ces conversations confidentielles de femmes vont disparaître avec la présence des hommes. De même, les urinoirs permettent aux hommes de discuter. Ces rapports sociaux insolites sont voués à la disparition.
  • la fin de l’intimité féminine : les femmes sont plus sujettes aux infections urinaires et à l’incontinence. La grossesse, les menstruations, l’allaitement et le changement de couche augmentent le temps d’utilisation des toilettes. En conséquence, les toilettes leurs servent à d’autre choses qu’à se servir d’un wc et elles ont besoin d’un espace dédié en raison de visites plus longues et plus fréquentes.
  • le voyeurisme : c’est un sujet sérieux. L’accès autorisé de certains hommes à proximité de femmes qui se dénudent derrière une cloison peut poser des problèmes évidents de sécurité surtout si le lieu est isolé.

Une hausse de la parurésie et de la parcoprésie ?

Déjà que la gêne d’uriner ou de déféquer à proximité d’une personne du même sexe est assez fréquente dans la population, il est normal d’imaginer les conséquences de la mixité dans les sanitaires. Une augmentation des problématiques de parurésie et de parcoprésie est envisageable. Ressentir la présence de l’autre sexe qui attend derrière une cloison, avoir peur de faire des bruits intimes et d’émettre de mauvaises odeurs va engendrer encore plus de pathologies. Quant au sujet des femmes qui ont besoin de temps pour prendre soin de leur corps lors d’une grossesse ou durant leurs règles, on peut deviner les difficultés liées au voisinage masculin.

Un lobby de plus en plus puissant

Si les toilettes publiques unisexes ont toujours existé en raison de logiques précises dues à un contexte ou à un lieu, depuis quelques années on assiste à une pression de plus en plus forte de la communauté transgenre. Le mouvement LGBT pousse à la généralisation des toilettes unisexes et même à la suppression des sanitaires séparés dans l’espace public. Ainsi, nombre d’écoles ou de services publics commencent à renoncer à la séparation pour imposer des espaces wc unisexes. C’est tout un changement de moeurs qui est en train de s’opérer et qui va révolutionner en bien ou en mal notre vision et notre usage des toilettes publiques.

La majorité silencieuse

Comme souvent face à petit nombre réuni en puissant lobby, la majorité de la population n’est pas forcément dans l’acceptation d’un changement de paradigme, de surcroit par la force et sous la pression de la pensée unique. Elle n’a d’autre choix que de constater pour subir ce qu’elle considère comme une idéologie contre nature. Les hommes et encore plus les femmes n’ont pas réellement envie de partager leurs toilettes avec l’autre sexe, lorsque cela est possible évidemment. Le séparatisme sexuel des toilettes est surement dans l’ordre des choses.

Etude des toilettes des salariés d’entreprise

Etude des toilettes des salariés d’entreprise

Que font les salariés aux toilettes de leur entreprise ?

La majorité des salariés français utilisent les toilettes mises à leur disposition par leur employeur… pour ce à quoi elles sont destinées. Mais certains, c’est à dire un très grand nombre, y font autre chose ! Le comportement d’un individu dans les sanitaires professionnels peut alors être trés révélateur de l’ambiance au sein d’une entreprise et en conséquence être extrêmement interessant à étudier.

Un détournement du rôle des toilettes

L’acquisition de la propreté chez l’enfant s’opère aux alentours de 2 ans 1/2 et jusqu’à 3 ans pour les retardataires. Cette acquisition naturelle fait partie du développement de l’enfant qui nécessite une maturité neurologique et un développement moteur suffisant. Ainsi, depuis son enfance, l’être humain se rend aux toilettes de son domicile pour uriner et déféquer. Mais un jour, alors qu’il devient salarié d’une entreprise, le jeune adulte développe une vision anormale des toilettes auxquelles il assigne de nouveaux rôles. Il va dés lors s’y enfermer pour répondre à ses besoins particuliers… qui ne nécessitent aucunement l’usage d’une cuvette de wc.

Des habitudes insoupçonnées aux wc

Le rôle de la science est d’examiner tout ce qui peut l’être. Ainsi, une étude scientifique très sérieuse s’est intéressée sur ce sujet qui peut sembler très léger en apparence mais qui concerne tout le monde. Que font donc ces salariés aux toilettes ? L’enquête s’est donc penchée sur les usages inhabituels que ces personnes font des toilettes situées au sein de leur lieu de travail. Il en résulte que beaucoup de salariés ont une conception très particulière de cet endroit. Alors, attention ! Cet article pourrait être un miroir de votre comportement ou bien vous donner de drôles d’idées !

Se soulager au wc, mais de quoi ?

Les toilettes sont dévouées à se soulager des besoins naturels du corps humain, c’est à dire qu’elles servent pour la défécation et la miction. Pourtant, il ressort de cette étude très sérieuse que les sanitaires d’une entreprise peuvent servir aussi à se soulager des divers maux de la vie quotidienne. Ainsi, aller au petit coin servirait possiblement à expulser hors de soi de mauvais sentiments, à se cacher à la vue d’autrui, à s’isoler de ses collègues de bureau, à s’évader d’une ambiance mal vécue, à dissimuler son vrai visage ou ses difficultés, etc…

Un regard scientifique sur les salariés aux toilettes

La recherche scientifique s’est donc lancée dans l’exploration raisonnée du comportement des salariés aux toilettes et de leur usage particulier des sanitaires de leur entreprise. Pour l’obtention de résultats pertinents, les chercheurs n’ont pas espionné les travailleurs dans leur intimité. Ils n’ont pas rassemblé ceux-ci dans un laboratoire afin de les observer au cabinet et ont encore moins placé des caméras cachées au dessus des wc. C’est sur la base de questionnaires anonymes que l’étude a relevé les éléments utiles à la recherche.

L’enquête « Hygiene Matters SCA » est une étude internationale réalisée par les cabinets United Minds et Cint. Elle a été réalisée en 2014 sur un total de 13 492 répondants dans treize pays : Brésil, Chine, France, Allemagne, Italie, Espagne, Suède, Russie, Mexique, Pays-Bas, Afrique du Sud, Royaume Uni, Etats-Unis. Dans chaque pays, un panel représentatif du monde du travail, d’environ 500 femmes et 500 hommes, a été interrogé. L’étude a été construite sur la base de la méthode des quotas (âge, sexe, etc…).

L’étude française

Les habitudes peuvent naturellement être différentes d’un pays à l’autre et donc les résultats peuvent varier. C’est pourquoi, l’échantillon français est présenté dans sa singularité et séparé des autres régions et cultures du monde. Près de 1000 salariés français ont donc été sondés pour cette 4e édition de l’étude Hygiene Matters qui est un groupe de vente de produits d’hygiène.

Un usage classique des toilettes

Il ressort de cette étude que 77 % des salariés français ont ainsi un usage classique des W-C. Si ce pourcentage est assez rassurant, environ un quart des visites des sanitaires d’une entreprise sont quand même sans rapport avec la destination prévue d’un sanitaire. En conséquence, l’étude offre de sérieuses données pour s’interroger sur la psychologie du salarié et ses besoins. Egalement, ces données sont de précieux indicateurs qui offrent une analyse de la vie au sein de l’entreprise et le fonctionnement de celle-ci.

Un usage… moins conventionnel

23% des salariés ont donc besoin de se rendre aux toilettes de leur entreprise pour des besoins autres que physiologiques. Ainsi, les toilettes sont aussi considérées comme un espace de vie qui devrait d’un point de vie salarié mériter plus d’attention de la part de l’employeur, lequel s’applique trop souvent à juste respecter ses obligations légales. Alors, ce n’est pas pour rien qu’une enquête révèle que « 44% des salariés souhaitent que leur employeur entretienne mieux les toilettes ». L’étude d’Hygiene Matters nous apprend notamment que :

  • 23 % vient uniquement s’y rafraichir et se laver les mains
  • 21% y changent de vêtements, se remettent en condition esthétique (surtout les femmes)
  • 15% y passent des appels téléphoniques non professionnels
  • 12% envoient des SMS privés
  • 11% y font une pause supplémentaire
  • 8 % s’y lavent hors domicile
  • 7% pensent y trouver un espace de restauration
  • 7 % y trouvent un lieu pour une conversation privée et se confronter en face à face
  • 5% viennent y lire un magazine ou écrire une note
  • 4% trouvent refuge pour y pleurer et évacuer une tristesse, une déconvenue
  • 3 % y fument pour échapper aux interdictions ou éviter de sortir du bâtiment
  • 3% s’y cloîtrent afin de laisser exploser une colère ou une frustration
  • 2% viennent y fermer les yeux voir y faire une mini sieste
  • 2% y font un exercice physique
  • 1 % s’y isolent pour répéter une présentation

Des toilettes multirôles ou multiservices

Le sujet peut évidemment paraitre insolite et léger au vu des autres soucis d’une entreprise, mais l’importance donnée au lieu d’aisance du salarié ne doit vraiment pas etre négligée. Il faut alors considérer les toilettes comme un endroit très hypocrite qui, sous couvert de faire pipi ou caca, sert aussi à un ensemble de besoins vitaux du salarié lesquels contribuent à son bien être. Des lavabos, des miroirs, une musique d’ambiance, une décoration conviviale, une hygiène irréprochable, des séparations offrant une intimité indispensable, des consommables (savon, papiers wc, protections menstruelles) et des poubelles, contribuent à un passage agréable aux toilettes.

Un repose téléphone, une connexion wifi, des magasines, des patères pour les vêtements ou le sac à main, des mouchoirs, seront les petits plus qui offriront une meilleure expérience.

Bien sur, le top pour le salarié serait l’exemple des toilettes japonaises qui impressionnent le monde entier pour leur remarquable hygiène. Dans ce pays, l’état des toilettes est un critère de qualité de vie au travail. Toutefois, l’installation d’un WC japonais n’est surement pas simple dans une collectivité française. Un jet d’eau pour se laver l’anus, une lunette chauffante, un séchage des fesses à l’air tiède, une musique couvrant les sons de la miction, etc… imposent une révolution culturelle qui nécessite l’accord de tous. Au demeurant, il n’empêche que l’état d’esprit des toilettes japonaises serait déjà une belle démarche qualité.

Des limites aux rôles des toilettes ?

Offrir des sanitaires agréables à ses salariées résonne comme une évidence. Toutefois, il faut faire tout de même attention aux excès qui consisteraient à trop transformer les toilettes de l’entreprise pour les faire évoluer vers le dernier salon où l’on cause ! Une toilette doit conserver son rôle premier de lieu d’aisance, sans toutefois se limiter à la simple application d’une réglementation.

La loi sur les toilettes dans l’entreprise

Divers articles de loi traitent des toilettes au sein de l’entreprise. C’est à l’employeur de s’assurer de la bonne conformité de ses installations avec la réglementation.
Article R4228-1: « L’employeur met à la disposition des travailleurs les moyens d’assurer leur propreté individuelle, notamment des vestiaires, des lavabos, des cabinets d’aisance et, le cas échéant, des douches. »

Une réflexion pour l’employeur

Au vu de cette étude d’Hygiene Matters, il apparait nécessaire pour l’employeur d’offrir des toilettes adaptées à tous les usages que ses salariés peuvent imaginer. Si les sanitaires ont aussi pour fonction de jouer un rôle social bénéfique au travailleur pour qu’il s’isole du reste du monde, ceux-ci se doivent d’être accueillants, propres, sécurisants. Le vulgaire chiotte doit laisser place à des toilettes dignes et respectueuses capables de rendre une multitude de services aux salariés… pour le bénéfice de l’entreprise.

La grande aventure de la vespasienne

La grande aventure de la vespasienne

Découvrir l’antique vespasienne

A Paris, une vespasienne était un urinoir public unisexe à usage des hommes. Elle trouvait sa place dans des lieux de nécessité essentiellement sur les trottoirs, les parcs et tous les espaces publics fréquentés. Elle était équipée de cloisons permettant un minimum d’intimité. La première vespasienne fut implantée en 1834 à Paris et son parc disparaitra en 1980. Elle aura offert 146 années de bons et loyaux services aux parisiens.

Un nom romain pour des urinoirs parisiens

La vespasienne doit l’origine de son nom à l’empereur romain Vespasien. Déjà à Rome, ville antique moderne, il existait des établissements spécifiques composés d’urinoirs publics dans un but sanitaire de santé publique. Hors, à l’époque, le principe du « rien ne se perd, tout se transforme » était compris depuis longtemps et largement appliqué. Ainsi, l’urine était une source d’ammoniaque connue qui pouvait être utilisée en teinturerie pour nettoyer les étoffes lors d’un process industriel. C’est cet empereur Vespasien qui ordonna de lever un impôt spécial sur la collecte de l’urine, le précieux liquide ne profitant alors qu’à l’industrie et au commerce.

En fait, Vespasien n’a pas inventé l’urinoir, il a juste inventé indirectement le principe des toilettes payantes. C’est notamment lui qui aurait argumenté que « l’argent n’a pas d’odeur » (pecunia non olet), pour faire oublier l’origine de cet impôt. Son nom est donc entré dans l’histoire pour désigner une pissotière et le désintérêt pour l’origine honteuse d’un revenu.

L’apparition des colonnes vespasiennes

Toutes les grandes agglomérations depuis l’antiquité ont été confrontées à la même problématique de l’épandage sauvage d’urine sur la voie publique. Paris n’a pas fait exception aux pisseurs. Les édits du Roy interdisaient déjà à cette époque de satisfaire aux besoins naturels dans les rues. C’est vers 1770 que lieutenant général de la police Monsieur de Sartine entreprit de faire disposer des barils d’aisance dans les rues parisiennes. La forme de ces tonneaux donnera surement des idées pour la naissance aux futures colonnes.

Au fur et à mesure, des édicules seront implantés sur la voie publique pour répondre aux besoins de la population masculine qui n’avait d’autre choix que de se satisfaire où elle pouvait. En 1834, c’est le préfet de Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau, qui décidera d’en faire installer en grand nombre sur les trottoirs de la ville. Aussi, pour échapper à l’appellation péjorative de colonne Rambuteau qui émerge tout de suite dans la population, ce préfet lancera l’expression de « colonne vespasienne », en référence à cet empereur romain inventeur du principe de l’urinoir public payant à Rome. La vespasienne de notre langage était née.

Evolution des vespasiennes

Les vespasiennes n’ont pas toujours eu la forme de celles que l’on peut observer dans les vieux films en noir et blanc. À l’origine, elles avaient la forme de colonnes :

  • La colonne moresque fut autorisée en 1839 par le préfet de police Gabriel Delessert. Cette colonne contenait des urinoirs en son sein et pouvait supporter des affiches à l’extérieur. Sa forme circulaire était assez ingénieuse pour cette double fonction.
  • Sous le Second Empire, l’ingénieur des ponts et chaussées Adolphe Alphand apportera une modernisation en supprimant les ouvertures permettant un regard depuis l’extérieur et en installant un éclairage intérieur au gaz. Par la suite, les nouvelles constructions seront édifiées en fonte pour remplacer les éléments en maçonnerie.
  • En 1860, une mini révolution esthétique entrainera la dissociation des rôles d’affichage et d’urinoirs. C’est ainsi que les vespasiennes verront le jour sous leurs formes d’édicules, de kiosques, pour devenir des cabines spécifiques de lieux d’aisances. Les affiches conserveront leur support en forme de colonne, avec les colonnes Morris qui seront dédiées uniquement pour la lecture des nouvelles. Typiques de paris, elles se retrouvent dans de nombreux tableaux de peintres représentant les boulevards de la capitale.

Un édicule devenu architectural

Au cours des décennies, les édicules ont modifié leur aspect pour s’adapter à leur époque. Ainsi, l’esthétique des vespasiennes a changé au point de devenir souvent des éléments du décor parisien. Les écrivains et les cinéastes ne se sont pas privés de les capturer dans leurs oeuvres. On peut citer ainsi Marcel Proust, Jean Genet, Roger Peyrefitte. Etant donné leur disparition et le peu d’unités restantes, elles appartiennent désormais au patrimoine des villes. Il ne reste plus qu’une seule vespasienne à Paris, sur le boulevard Arago devant la prison de la Santé. Il n’en reste aussi plus qu’une seule à Périgueux, laquelle est classée comme patrimoine du XIX siècle et doit à ce titre être restaurée.

De nombreuses terminologies

Chaque époque a dû avoir ses mots et chaque classe sociale a eu aussi son appellation particulière pour faire référence à la Vespasienne. La plus populaire avec son argot est surement celle qui a été la plus prolifique.
Ainsi, les écrivains témoignent de leur époque et les traces qu’ils laissent dans la littérature parlent des « tasses », de la « Ginette », de la « pissotière », de la « chapelle ».

Une égalité sociale

Il n’existait pas de première classe dans les pissotières. Tout le monde était logé à la même enseigne et au fil du temps ces vespasiennes étaient devenus des lieux d’une sociabilité atypique, aujourd’hui disparue. Des discussions se créaient débouchant sur des amitiés. De nos jours, il est amusant d’imaginer que ces urinoirs publics pouvaient avoir une fonction sociale. D’ailleurs, les sanitaires féminins sont très habituellement coutumiers de cela. En effet, il est d’usage que les femmes se remaquillent et échangent des confidentialités dans les toilettes publiques.

Quelles sont les cause de la disparition des vespasiennes à Paris

Tout mobilier urbain est appelé à s’adapter (ou à disparaitre) aux rues, aux moeurs, à la circulation, etc… La vespasienne a dû elle aussi se confronter à l’évolution de la capitale pour s’en retirer en 1980, date d’entrée en service des sanisettes. Il existe bien sur plusieurs raisons qui ont poussé les élus de la capitale vers ce choix :

  • une meilleure hygiène dans les rues ?
    Les vespasiennes avaient un énorme défaut. Une puanteur ammoniacale se répandait autour d’elles venant incommoder les narines des passants et surtout gênant les commerces de proximité. Un nouveau système était forcément le bienvenue pour répondre aux contraintes de santé publique dans une ville à très forte fréquentation, surtout touristique.
  • au nom des femmes ?
    C’est peut être l’importance croissante des femmes dans l’espace public qui a favorisé l’implantation de la Sanisette, celle-ci conduisant la Vespasienne sur l’échafaud. Un psychanalyste pourrait d’ailleurs évoquer une castration de l’homme sur la place publique. Chacun peut constater qu’un urinoir public prend de la place. En conséquence, cette vespasienne dédiée au pénis masculin fut donc coupé pour laisser sa place à un sanitaire mixte. En effet, quitte à monopoliser un espace public, autant le dédier aux deux sexes, les hommes pouvant aussi uriner dans une cuvette de wc. Désormais, il faut pisser au féminin, les femmes ayant aussi besoin d’uriner.
  • Supprimer les lieux de rencontre ?
    Les vespasiennes ont longtemps été décriées comme des lieux de rendez vous. Leur disparition fut ainsi engagée par la mise en place d’une nouvelle ère hygiéniste. Servant probablement de boucs émissaires, leur mauvaise réputation a servi le combat d’élus bien-pensants pour leur suppression au nom de la morale.

Des lieux inédits et sulfureux

La célèbre pissotière ne servait manifestement pas qu’à uriner. Elle a pu susciter beaucoup de fantasmes et être l’endroit discret de multiples activités : lieu d’affichage contestataire, lieu de drague entre homosexuels, lieu de rendez-vous des résistants sous l’occupation allemande, lieu de prostitution masculine ou féminine, etc… Elle existerait encore qu’elle servirait surement de point de deal pour de la vente de drogue. Alors, ce n’est pas uniquement pour des raisons de mauvaises odeurs d’urine que la disparition de ce type de toilette publique a été longtemps désirée et finalement décidée par les municipalités. Il aura fallu quand même attendre l’arrivée d’un remplacement pertinent, la sanisette, pour mettre fin à cette aventure débutée en 1834.

Les successeurs des vespasiennes

Depuis 1980, les vespasiennes ont été remplacées dans l’espace public parisien par les sanisettes, des wc modernes. Pourtant, leur principe subsiste dans d’autres versions plus sophistiquées et tend même à revenir sous des formes originales. Ainsi, depuis 2020 Paris expérimente l’Uritrottoir ainsi que le Naturinoir. Ces 2 urinoirs ont pour particularité de recycler l’urine collectée en engrais.

C’est drôle, des siècles après Rome, on assiste à une situation inédite. C’est le retour de l’utilisation de l’urine. Alors peut être que le prochain maire de Paris décidera lui aussi de lever l’impôt sur l’urine comme le fit Vespasien en son temps… tant il est vrai que l’argent n’a pas d’odeur.

La lente installation des wc japonais en France

La lente installation des wc japonais en France

Pourquoi une si difficile acceptation des wc japonais ?

Nombreux sont les voyageurs qui rentrent amoureux du Japon après y avoir effectué leur premier séjour touristique ou professionnel. Une nourriture exotique (sushi, ramen, yakitori), des volcans magnifiques, une urbanisation poussée, une culture fascinante, une population décalée, une incroyable modernité, etc…

Aussi tous les témoignages rapportent une expérience aux toilettes et un coup de coeur pour les wc japonais. Mais alors, pourquoi ceux-ci ont il tant de mal à pénétrer nos frontières, nos moeurs, nos logements pour laver nos fesses ?

Des sanitaires à la pointe de la technologie

Le wc japonais est un bijoux d’innovation technologique. Avec son bidet intégré diffusant un jet d’eau pour laver les zones intimes, sa ventilation pour sécher les fesses, son siège chauffant, sa lunette à ouverture automatique, il ne peut que réjouir son utilisateur. Pour le combler, sa version luxe peut proposer un eclarairage utile la nuit, une musique agréable pour la détente et l’intimité, un diffuseur de parfum pour couvrir les effluves du corps, et plus encore… 

Tout est personnalisable et contrôlé par des boutons électroniques sur un panneau latéral de la cuvette ou grâce à une télécommande, voir une tablette fixée au mur. Il existe même des commandes vocales à destination du handicap.

La dure réalité du retour au pays

Au Japon, ces toilettes high-tech sont présentes partout. Environ 80 % des foyers en sont équipés et en dehors du domicile les restaurants, gares, hôpitaux, etc… ne sont pas en reste pour offrir un excellent accueil aux clients et visiteurs. Malheureusement, chaque voyage prend fin un jour et il faut bien revenir chez soi où il faut se confronter à la réalité de nos sinistres sanitaires bloqués à l’ère du chiotte et du papier cul. Le voyageur reprend ses habitudes avec des larmes aux yeux, se dégoutant lui-même à reprendre des feuilles de papier en main pour « faire la vaisselle sans eau » de ses régions intimes et rester les fesses sales sous ses vêtements. 

Essayer un wc japonais, c’est l’adopter !

Celui ou celle qui a déjà invité un jet d’eau entre ses fesses a ressenti une sensation joyeuse, celle de la propreté. Et à partir de ce moment sa vie n’a plus jamais été la même ! Alors, les souvenirs de l’eau chaude qui permet de redevenir propre vont désormais hanter l’ex touriste qui va se questionner sévèrement : Pourquoi ne pouvons-nous pas aussi fabriquer des toilettes de haute technologie en France ?  Où puis je trouver un tel sanitaire pour en installer un chez moi ? Combien coute un wc japonais en France ?

Des fabricants essentiellement japonais

La plupart des toilettes japonaises vendues au Japon sont fabriquées par la société appelée Toto, laquelle a lancé la révolution des toilettes de haute technologie en 1980 avec son désormais célèbre Washlet. A l’époque, c’était un simple abattant équipé d’un dispositif externe capable de produire une eau sous pression délivrée sous les fesses de l’utilisateur par une buse rétractable. Depuis lors, les fabricants japonais innovent dans le design et ajoutent sans cesse de nouvelles fonctions à leurs produits pour tenter de plaire l’international et percer des marchés étrangers complètement vierges.

Des ventes qui ne décollent pas

Le Washlet de Toto est en vente aux USA depuis 1990, sans avoir jamais réellement décollé. Les produits de la marque se cantonnent principalement à une classe sociale supérieure, dans certains hôtels haut de gamme, dans des salons et bien sur dans des restaurants japonais. Cela reste confidentiel et proche d’un marché de niche. C’est un contraste saisissant avec l’impression positive que les américains ont pourtant des wc japonais lors de leurs voyages au Japon.

Une lente diffusion technologique

Les économistes analysent souvent le pourquoi et le comment de la propagation d’une technologie d’un endroit à l’autre de la planète. C’est ce qu’ils nomment la « diffusion de la technologie ». Ainsi, une étude de référence a examiné la propagation de 20 technologies dans 160 pays au cours des 140 dernières années. Le résultat démontre que la distance géographique ralentit considérablement la propagation de nouveaux produits. Et c’est en correspondance avec le modèle visible actuellement des toilettes de haute technologie. Ainsi, on peut remarquer que les toilettes japonaises se sont principalement répandues dans les pays voisins du Japon, c’est à dire la périphérie asiatique avec principalement la Chine et la Corée du sud. 

Toutefois ce constat est assez troublant du fait que la vitesse de dispersion de la technologie s’est considérablement accélérée depuis des dizaines d’années avec des moyens de transport de plus en plus rapides. Ainsi, une autre étude a révélé que la propagation des technologies développées après 1925 a été trois fois plus rapide que la propagation de celles développées avant 1925. Mais alors pourquoi le wc japonais existant depuis plusieurs décennies déjà au Japon, peine t il autant pour pénétrer le marché américain situé à quelques heures de vol. 

On comprend donc qu’il existe d’autres facteurs qui font qu’une technologie ne se diffuse jamais dans un pays donné, même si elle est supérieure aux technologies existantes. En fin de compte, il est logique de concevoir que le plus grand obstacle à la révolution des wc japonais ailleurs qu’au Japon et en Asie n’est probablement pas la distance mais tout simplement les énormes différences culturelles.

Une naissance dans un pays idéal ?

Comme il faut un climat particulier pour la culture du thé ou du riz, il peut aussi en être de même pour le lieu de culture et d’épanouissement du wc lavant. Des conditions favorables ont fait qu’il a été adopté tout de suite par une population singulière du globe pour être communément désigné désormais sur la planète comme le wc japonais, le wc des japonais. 

Il est vrai qu’au Japon plus qu’ailleurs le bain est d’une grande importance. L’hygiène et la propreté sont des fondamentaux dans l’éducation des enfants qui conservent ces acquis durant toute leur vie d’adulte. Ce pays respire d’ailleurs la propreté. Les rues et les métros sont impeccables. Dés l’arrivée dans un restaurant, le personnel distribue immédiatement une serviette chaude et humide afin que le client puisse avoir les mains propres avant de se restaurer. Les toilettes publiques sont elles même d’une incroyable propreté. C’est très différent de l’Europe ou des Etats Unis. Ceci expliquant surement cela…

Des moeurs incompatibles avec le wc japonais ?

Alors que les nouvelles générations de toilettes lavantes proposent des chasses d’eau cycloniques, des ultraviolets pour tuer les bactéries, des cuvettes en dioxyde de titane, des fonctions connectées, etc… l’occident en reste à sa cuvette traditionnelle qui n’a jamais réellement évolué depuis le début du siècle dernier si ce n’est de par sa forme. Si seul un voyage au Japon peut amener à faire réfléchir et avoir envie d’acquérir un washlet, cela signifie peut être que nous ne sommes pas encore réellement prêts. 

Pour amener les français à adopter un wc japonais, il faudrait tout d’abord commencer par éduquer les enfants sur le modèle de l’hygiène nipponne. Puis 15 à 20 ans plus tard, investir dans d’énormes campagnes de marketing pour diriger le grand public sur des modèles basiques assez bon marchés. D’ici là, les wc japonais seront entrés dans une sorte science fiction au Japon. 

La sanisette ou toilette publique urbaine

La sanisette ou toilette publique urbaine

La sanisette au service des villes

Elle fait partie du mobilier urbain de nos grandes villes et est totalement intégrée dans le décor au même titre qu’un feu tricolore ou un banc. Si elle passe désormais inaperçue, ce ne fût pas toujours le cas. Comme en 1981, année de sa naissance mondiale à Paris qui fût la première ville à installer ce nouveau type de toilette publique, il faut dire révolutionnaire pour l’époque. Depuis, le nombre des sanisettes a explosé dans la capitale qui en compte 435 unités en 2022. Aussi, l’expérience a fait nombre d’émules puisque d’autres villes en France et partout dans le monde se sont équipées de ces wc publics.

Qu’est ce qu’une sanisette ?

C’est une toilette publique qui a la particularité de posséder un entretien automatique. Les sanisettes ont été destinées à remplacer les vieilles installations de types vespasiennes devenues obsolètes et surtout qui étaient malodorantes dans l’espace urbain. Il ne reste qu’un seule vespasienne dans la capitale près de la Maison de la Santé, boulevard Arago (14e). Elle est la dernière en service et est presque devenue un monument historique étant gérée par le service du patrimoine de la Voirie de Paris.

A la mise en place des premières sanisettes, ces wc publics modernes étaient payants au prix de 1 franc. Puis, surement pour inciter les utilisateurs à les utiliser, le paiement étant un frein logique (refus de payer ou pas de pièce sur soi), ils sont devenus gratuits depuis le 15 février 2006. Certaines ferment dès 22 heures alors que d’autres d’autres restent ouvertes toute la nuit, en raison des fréquences d’utilisation.

Un outil indispensable à l’hygiène publique

L’être humain a aussi besoin de se soulager en dehors du domicile, des locaux de l’entreprise ou d’un autre lieu clos, lesquels sont équipés de sanitaire. C’est surtout dans les rues des grandes villes que le problème évident d’avoir un accès pratique et rapide à des toilettes se pose, bien souvent dans l’urgence. Alors, l’implantation des sanisettes a répondu et répond à un vaste besoin de santé publique. Pour preuve rien qu’à Paris en 2019, les sanisettes ont accueilli plus de 15 millions d’utilisateurs. En 2020, malgré une fermeture partielle du parc en raison du COVID (restrictions d’utilisation et confinement), elles ont accueilli 12 millions d’utilisateurs.

L’histoire de la sanisette

Sanisette n’est pas à l’origine un nom de sanitaire. C’est une marque commerciale déposée par la société JCDecaux, conceptrice du modèle. Devant son succès et son expansion, le terme désignant cette cabine urbaine est passé ensuite dans la langue française pour désigner simplement une toilette publique. Cet équipement a été victime de son succès, au même titre que le canadair de la marque Bombardier pour les avions de lutte contre les feux de fôrets ou le frigidaire de la marque Electrolux pour les réfrigérateurs.

Ou se trouvent les sanisettes à Paris ?

Le maillage de la ville devient de plus en plus dense. Des sites web dédiés ainsi que des applications de localisation permettent de géolocaliser les toilettes publiques. Ainsi, chacun avec son smartphone peut déjà localiser un lieux d’aisance public pour se soulager à tout moment. Ainsi, « toilettesaparis.com» offre la possibilité, sous réserve d’accepter de se faire géolocaliser, à Paris mais aussi dans toute la France, d’obtenir une carte détaillée des emplacements. Nul doute que prochainement, avec les évolutions technologiques, la mise en place de capteurs pour une connexion instantanée, toute personne recherchant une sanisette pourra avoir un itinéraire précis vers la plus proche celui et avec une indication sur son état (libre ou occupée) ainsi qu’un temps d’attente approximatif.

Beaucoup d’applications sont téléchargeables sur Google Play ou l’Apple Store. Elles proposent la recherche et le partage de la localisation de toilettes en France et à l’étranger. Aussi, Google maps conscient de l’enjeu commence le repérage des toilettes accessibles.

Une complémentarité avec d’autres installations

En plus des dispositifs de sanisettes, les parisiens ont à leur service un important réseau de sanitaires différents :  urinoirs à rigole, uritrottoirs, blocs sanitaires mobiles (pour les périodes estivales), cabines individuelles, urilift, lavatories (dans les sites touristiques). Aussi, depuis 2019, certaines sanisettes ont reçu des urinoirs extérieurs par accolement. Un gros effort de la ville s’est concentré sur les lieux à haute fréquentation afin de diminuer les problèmes d’épanchements d’urine sur la voie publique, véritable fléau urbain.

Une lutte contre l’épanchement sauvage d’urine

Avec un parc de plus en plus en important de wc publics, les amendes devient de plus en plus dissuasives contre les pipis sauvages. Les verbalisations sont nombreuses et beaucoup de collectivités plaident pour une augmentation significative des amendes ou que leur montant puissent être délégué au libre choix des villes. C’est ainsi que Paris envisage des amendes à 300 euros, si sa police était en mesure de pouvoir fixer un tel tarif, lequel serait dissuasif pour assurer la propreté de l’espace public.

Comment utiliser une sanisette ?

Une sanisette est prévue pour tous et est adaptée aux personnes handicapées. Des voyants extérieurs permettent de visualiser immédiatement sa situation :
• Vert : libre d’usage. Il suffit d’appuyer sur le bouton pour que la porte s’ouvre
• Orange : occupée par un utilisateur
• Bleu : lavage automatique en cours

Comment est entretenue une sanisette ?

L’entretien est automatique après chaque utilisateur. Aussi, le prestataire historique JC Decaux intervient 3 fois par semaine sur chacun de ses sanitaires pour en vérifier le bon fonctionnement et effectuer diverses opérations nécessaires : changement de pièces défectueuses, réapprovisionnement de consommables (papier et savon), vidange de la poubelle, nettoyage intérieur complémentaire, nettoyage extérieur de la cabine. Outre l’entretien, l’opérateur assure aussi des campagnes de rénovation pour combattre l’usure du temps avec des rafraichissements de peinture, des réparations contres les dégradations, des effacements de tags.

Une modernisation programmée des sanisettes

La Mairie de Paris est actuellement locataire de ses toilettes publiques. Cependant au terme du contrat d’exploitation avec leur propriétaire arrivant en décembre 2024, la municipalité souhaite en devenir propriétaire tout en déléguant l’entretien et la maintenance à un prestataire de service. Aussi, elle désire en augmenter leur nombre, pour répondre à un besoin croissant. En 2020, Paris a lancé un appel à la concurrence pour rénover son parc de sanisettes à l’occasion de l’expiration de son contrat. Le futur prestataire devra comme le stipule l’appel d’offre «assurer la conception, la fabrication, la pose, l’entretien et la maintenance de sanitaires autonettoyants sur l’espace public parisien».

La prochaine génération de sanisette à Paris

Depuis son lancement en 1981, chaque changement de modèle apporte son lot d’amélioration afin de suivre l’évolution des moeurs et des technologies. Alors, le cahier des charges de la nouvelle sanisette veut notamment offrir plus de confort et de praticité, une inscription écologique. Un renouvellement est toujours une opportunité pour :
Des cabines plus petites pour des installations dans les lieux jusqu’ici inaccessibles.
Des urinoirs intégrés afin de répondre à la surfréquenation de zones touristiques ou festives.
Un nombre plus important pour une population urbaine toujours plus nombreuse 
Des sanitaires plus fonctionnels et attrayants :
• une information multilingue et des aides sonores ou en braille pour le handicap• une fontaine d’eau extérieure accessible pour tous
• une accessibilité accrue aux personnes en fauteuil roulant avec une barre d’appui 
• une hygiène renforcée après chaque utilisateur dont le lavage du plancher et de la cuvette avec séchage et désinfection• un grand confort d’utilisation avec porte manteaux, miroir, musique d’ambiance et chauffage en hiver 
Des sanitaires plus écologiques 
De la conception à l’utilisation en passant par l’entretien, la nouvelle sanisette devra insister sur le développement durable. Cela commencera par un design inspiré de l’aspect d’un tronc d’arbre. Mais c’est sur le fonctionnement que l’empreinte écologique verra ses plus belles évolutions :
• pour économiser jusqu’à 30% d’eau, le sanitaire recyclera son eau de lavage et récupérera l’eau de pluie 
• pour des économies d’énergie, le sanitaire intégrera un puit de lumière pour un éclairage naturel et un système d’éclairage à basse consommation basé avec un détecteur de présence de l’utilisateur
• les matériaux seront choisis en fonction de leurs performances à durer et à être recycler
• la conception générale de la cabine devra minimiser la fréquence des interventions de maintenance.